Il roule pour la confidentialité(Nouvelliste du 12.09.06) TROISTORRENTS - Aux commandes d’un camion et d’une société qu’il a créés de toutes pièces, Jérôme Golliard va se lancer dans la destruction de documents confidentiels chez le client.LISE-MARIE TERRETTAZ Dans la région de Monthey, on aime les confettis. Mais ceux dont rêve Jérôme Golliard n’ont rien à voir avec le carnaval. Ils font douze millimètres de côté et sortiront – en principe dès le 1er octobre du camion que le Chorgue a fait équiper selon ses voeux. A cette date, il quittera son travail d’opérateur en chimie pour se lancer dans une nouvelle aventure à la tête d’une entreprise qu’il a portée sur les fonts baptismaux et qui s’activera dans un domaine particulier: la prise en charge de documents confidentiels directement chez le client. Le puzzle impossible. Derrière ce libellé un peu barbare se cache une réalité à laquelle sont confrontées la plupart des sociétés, institutions et collectivités publiques: la nécessité de réduire en morceaux inassemblables les papiers, archives, photographies ou négatifs, documents électroniques (CD ou DVD) devenus inutiles, afin d’éviter qu’ils tombent dans des mains auxquelles ils ne sont pas destinés. C’est au Canada qu’est née l’idée de Jérôme Golliard: «Je voyageais autour du monde. A Vancouver, j’ai travaillé durant six mois pour une société active dans ce domaine. Une fois rentré en Suisse, je me suis demandé s’il existait quelque chose de semblable ici.» Ses recherches sur la Toile l’ayant convaincu que le créneau est encore largement inexploité, il tâte le terrain en interrogeant quelque 80 banques, assurances, hôpitaux, office des poursuites, administrations pour sonder leurs pratiques. «La plupart utilisent des gros conteneurs qui sont ensuite amenés à l’incinérateur. Chez d’autres, une personne de confiance passe une, voire deux heures par jour à détruire les documents qui, une fois broyés, doivent être évacués. Quarante interlocuteurs se sont dit intéressés par mon projet.» Sur cette base, il se met en quête d’investisseurs. «J’ai un CFC d’opérateur en chimie, je n’ai jamais créé d’entreprise et je ne connais rien à la mécanique et à l’électricité.Mais dès le début, j’étais convaincu que ça pouvait marcher. » Conscient pourtant qu’on ne s’improvise pas patron, le jeune homme de 33 ans fait appel à Adlatus, réseau d’anciens dirigeants et cadres expérimentés, qui l’aide à parfaire son business plan. Il fonde la société anonyme DéDoc et s’entoure de partenaires qui y apportent leurs compétences. Premiers clientsJérôme Golliard doit maintenant démarcher des clients. «J’ai déjà eu des demandes. Par exemple, les douanes étaient intéressées pour réduire en pièces des contrefaçons de Vuitton. Malheureusement, mon camion n’était pas encore opérationnel. Pour couvrir mes charges, j’ai prévu de récolter six tonnes en octobre et de parvenir à seize à la fin de l’année», conclut le président-directeur général et unique employé salarié de DéDoc.
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