DÉDOC ne broie pas du noirINNOVATION - Avec son camion équipé pour la destruction de documents confidentiels sur site, Jérôme Golliard part à la conquête d’un marché que la protection des données se charge d’alimenter quotidiennement.(Nouvelliste du 02-11-2006) OLIVIER HUGON Il a eu le déclic en 2005. Jérôme Golliard s’était alors expatrié pour une année au Canada. Opérateur en chimie et mécanicien de précision, ce Chorgue de 35 ans se retrouve alors un peu par hasard recruté par la société Shred It, spécialisée dans la destruction itinérante de documents confidentiels. C’est donc le broyeur qui vient sous vos yeux détruire vos papiers secrets. Un gain de temps, d’argent et un système écologique, puisque tous les déchets sont revendus à une société spécialisée. «J’ai simplement cherché à savoir si le principe était applicable ici, je me suis mis en quête de financements et je me suis lancé.» C’est dans les colonnes du «Nouvelliste» du 12 septembre dernier que l’on a découvert cette entreprise d’un nouveau genre établie à Troistorrents et qui semble répondre à un réel besoin. Le canton, premier client Le jeune patron débute aujourd’hui même son activité, avec une première commande de 600 kilos de documents à détruire. Pour l’heure, son carnet d’adresses n’est pas très épais. «Une dizaine de clients. Avec ça, je peux travailler un jour par semaine, avoue Jérôme Golliard, mais je compte bien rapidement dénicher des clients en Valais, mais aussi en Suisse romande.» Trouver 18 000 francs par mois Pour couvrir ses charges, il lui faut en effet un chiffre d’affaires mensuel de 18 000 francs. D ’après le business plan établi avec l’aide d’Adlatus Vaud- Valais, une association qui offre un réseau de compétences et d’expériences, son entreprise devrait être à flot, au pire, d’ici à un an et demi. Mais le Bas-Valaisan est plus optimiste. «J’espère bientôt avoir un autre camion. Avec un seul outil de travail, je prends un certain risque en cas de panne. En tout cas, la demande existe. Mes clients-types? Les petites banques ou assurances. Les grandes structures ont déjà leurs propres réseaux de destruction. Mon principal client, c’est l’Etat du Valais, qui est aussi actionnaire, via le Centre de compétence financier.» Ce dernier a en effet octroyé un prêt de 50 000 francs à DéDOC. Une solution idéale pour ce jeune chef d’entreprise qui ne disposait pas de beaucoup de fonds propres pour démarrer, mais qui voulait garder le contrôle de sa société. «Une fois que j’aurai acquis une certaine indépendance financière, je pourrai racheter progressivement les parts du CCF.» |
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